Huge Recollections.
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►Franceville. De la Terre. Rouge. De la Laterite, il parait. La Brousse, immense, sèche et qui crépite sous le Soleil de plomb. Personne ne parle. Puis mon papa arrive avec un homme très grand, qui porte un chapeau de cow boy. Je rigole, mais je suis impressionnée. Il faudra sûrement bien se tenir à côté de ce grand monsieur. Il en sait beaucoup, sur la brousse. Cette nuit, j'ai rêvé de mes petits camarades de jeu que j'avais laissés au Congo. Aujourd'hui, ce ne sont plus que des souvenirs. Premier amour d'enfance envolé. J'ai pleuré? Un peu. Heureusement qu'il y a le Grand Canyon. Un canyon dans un milieu aride, à Franceville, entouré de termitières. Tu sais, ces monticules de terre ammasés, qui forment des mini montagnes que les petits africains démolissent à coups de pieds. Moi aussi, je faisais ça avec mes amis africains. On rigolait beaucoup. Jusqu'au jour où ma maman m'a dit: tu sais, aux Philippines, on ne doit pas détruire les termitières. Sinon, la nuit, les petits lutins qui les habitent sortent, et ils viennent te jeter des mauvais sorts! je la regardais, bouche bée. Ah, ça non! les petits lutins ne m'auront jamais! Puis je me tournai vers la termitière: "Pardon." Depuis, toutes les fois où, assise sur un pick up, j'apercevais une termitière qui sortait du milieu de la brousse, je murmurais un "Pardon" inaudible. "Qu'est ce que tu dis, Gwen?" et moi de rétorquer "Non, non c'est rien..." C'est sûr que quand on a 13 ans, ça pourrait sembler étrange de se faire surprendre à dire "Pardon" à une termitière.
► Franceville. J'ai chaud. je suis sur le bord du grand canyon. Le monsieur au chapeau de cow boy me tient par la main. "Quelle curieuse cette petite! Si elle se penche encore, elle va tomber au fond du canyon!" Mes parents riaient; Décidément, Indiana Jones n'avait pas l'habitude de voir ce genre d'enfants surexités, qui se précipitent à l'encontre de la nature. J'ai aimé le vide. Mes parents pensaient quel dommage, elle aura oublié ces paysages magiques dans quelques années. Mais non maman. J'ai pas oublié. Et à 17 ans, je dis toujours "Pardon" à tes petits lutins termites.
► Franceville. J'ai froid. Cette fois-ci, j'ai peur du vide. Je m'accoche à la rambarde en bois du pont de la piscine. C'est la grande piscine de l'hôtel du Méridien de Franceville. C'est mon anniversaire. Mes 5 ans. De tous mes amis, je suis la plus petite. Ils savent tous sauter dans la piscine en se lançant du pont en bois qui passe par dessus! "Allez ! Allez Gwen, essaie! Saute! Saute!" Je vais leur montrer que je suis capable de faire comme eux. Je suis petite, mais costaud! Les yeux grands ouverts, J'aspire un bon coup. J'empoigne la rambarde en bois, très glissante. je me hisse sur le bord du pont. La piscine est là, en bas, et tous mes amis attendent, faisant du sur place dans l'eau froide. Moi aussi, j'ai froid. mes lèvres, bleues, tremblent. J'ai peur, j'ai jamais fait ça, moi! "Vas-y!!" crie Nath, qui fait trois têtes de plus que moi. Deux secondes de plus et je fais pipi dans ma culotte tellement j'ai la trouille! Tant pis. Je saute. L'eau glacée. l'eau trouble. Comme une machine à laver. La surface.
"Pour Gwen hip hip hip..." J'ai réussi à vaincre ma peur. Demain, je grimpe sur le pont et je recommence. Il faut que je montre à papa je n'ai plus peur. J'ai cinq ans, et ça fait longtemps que j'ai oublié la nage du petit chien.
► Franceville. Il est temps de partir. Quitter cette nature luxuriante, cette forêt presque intacte percée d'un canyon, avec pas très loin un hôtel où se cotoient les grands manguiers, les arbres du désert, la brousse où paissent céphalopes bleues et buffles. Dans une piscine, des enfants crient.
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